Charges fixes et charges variables : la méthode pour calculer le point mort

charges fixes et charges variables

Le matin d’une petite épicerie, la caisse s’ouvre avant l’aube. Une décision tarifaire mal pensée peut transformer une bonne journée en déficit, surtout pour les très petites entreprises et les auto‑entrepreneurs qui ont peu de marge de manœuvre. Il est essentiel de distinguer ce qui bouge quand le volume change et ce qui reste figé. Cet article explique simplement comment trier les charges, calculer la marge sur coût variable et déterminer le point mort pour piloter efficacement l’activité.

Pourquoi distinguer charges fixes et charges variables ?

La distinction permet d’anticiper la rentabilité et d’orienter les décisions tarifaires, commerciales et d’investissement. Les charges variables varient directement avec le volume d’activité : matières premières, commissions, frais de livraison. Les charges fixes restent sensiblement constantes à court terme : loyer, assurances, abonnements, salaires fixes. Connaître la part de chaque catégorie aide à mesurer la vulnérabilité de l’entreprise face aux fluctuations de chiffre d’affaires.

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Charges fixes : exemples concrets et commentaires

Les charges fixes pèsent chaque mois, qu’on vende beaucoup ou peu. Parmi les postes courants :

  • Loyer du local commercial ou des bureaux
  • Assurances multirisques, assurance responsabilité civile
  • Abonnements et licences logicielles (comptabilité, caisse)
  • Rémunérations fixes de salariés permanents
  • Impôts et taxes périodiques (selon le régime)

Par exemple, si le loyer est de 1 000 € par mois et les assurances 150 €, ces 1 150 € doivent être couverts chaque mois par la marge générée. La tentation est parfois de classer certains frais comme fixes alors qu’ils présentent une part variable : il est important de vérifier les contrats (ex. consommation téléphonique liée au nombre d’appels) pour éviter les erreurs de classement.

Charges variables : nature et erreurs à éviter

Les charges variables sont proportionnelles au volume ou au chiffre d’affaires. Exemples :

  • Matières premières et emballages
  • Commissions sur ventes (affiliation, marketplace)
  • Frais de livraison facturés au client ou au transporteur
  • Consommables directement liés à la production

Faites attention aux coûts mixtes comme l’électricité ou le téléphone : il est souvent utile d’établir une clé de répartition simple (part fixe + part variable) pour affecter une portion à chaque catégorie. Un suivi régulier sur quelques mois permet d’affiner cette clé.

Marge sur coût variable : calcul pratique

La marge sur coût variable (ou contribution) correspond au chiffre d’affaires diminué des charges variables. Elle peut s’exprimer en montant total ou en marge unitaire. Formules de base :

Marge sur coût variable = Chiffre d’affaires − Charges variables

Marge unitaire = Prix de vente unitaire − Coût variable unitaire

Taux de marge sur coût variable = Marge sur coût variable / Chiffre d’affaires

Exemple chiffré simple

Supposons une boutique qui vend un produit à 50 € TTC avec un coût variable unitaire (matières + emballage + commission) de 20 €. La marge unitaire est donc de 30 €. Si les charges fixes mensuelles sont de 2 000 €, le seuil de rentabilité en unités est :

Seuil en unités = Charges fixes / Marge unitaire = 2 000 € / 30 € ≈ 67 unités

En chiffre d’affaires : Seuil CA = 67 × 50 € ≈ 3 350 €.

Exemple de calcul récapitulatif
Élément Valeur
Prix de vente unitaire 50 €
Coût variable unitaire 20 €
Marge unitaire 30 €
Charges fixes mensuelles 2 000 €
Seuil de rentabilité en unités ≈ 67 unités
Seuil de rentabilité en CA ≈ 3 350 €

Interprétation opérationnelle et décisions à prendre

Connaître le point mort permet de prendre plusieurs décisions concrètes :

  • Fixer un prix plancher en dessous duquel chaque vente augmente les pertes.
  • Mesurer l’impact d’une promotion : réduire le prix de 10 % diminue la marge unitaire — calculez l’effet sur le seuil avant d’agir.
  • Prioriser la réduction des charges fixes (négocier un loyer, renégocier abonnements) ou diminuer le coût variable (optimisation des achats) selon ce qui est le plus rentable.
  • Simuler plusieurs scénarios dans un fichier Excel pour tester l’effet des variations de prix, de volume et de coûts.

Un modèle Excel simple avec des cellules pour prix, coûts variables, charges fixes et prévisions de volumes permet de faire des simulations rapides et de visualiser le point mort en un clic.

Cas des coûts mixtes et suivi régulier

Pour les coûts mixtes (ex. électricité, téléphonie), retenez une clé simple et stable : par exemple, affecter 40 % en fixe et 60 % en variable si l’usage montre cette répartition. Tenez un journal des coûts sur trois à six mois pour valider la clé. Révisez les classifications au moins une fois par an ou à chaque changement structurel (nouveau local, embauche, nouvelle gamme).

En conclusion, une bonne classification des charges et le calcul régulier de la marge sur coût variable et du point mort offrent une visibilité indispensable pour piloter la rentabilité. Ces outils simples transforment des décisions intuitives en décisions chiffrées : tarification, promotions, négociations de coûts et planification de trésorerie deviennent alors mesurables et maîtrisables.

Questions fréquentes

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Quelles sont les charges variables ?

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Dans l’entreprise on appelle charges variables, ou charges fonctionnelles, celles qui suivent directement l’activité et le chiffre d’affaires. Petit rappel pratique, selon Charges variables, Bpifrance Création, ce sont les approvisionnements, les frais de transports sur achats ou sur ventes, les commissionnements sur ventes et tout ce qui monte quand on vend plus. J’ai déjà vu une PME surprise par ces coûts, elle pensait tout maîtriser et puis les commissions ont grignoté la marge. Astuce, suivre ces postes au fil de l’eau, les lier au volume, et prévoir des scénarios pour ne pas se faire surprendre. Ajuster les prix si nécessaire.

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Quelles sont les charges fixes ?

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Les charges fixes, ce sont les coûts qui restent malgré les hauts et les bas de l’activité. On pense au loyer, aux factures d’électricité, à l’abonnement à internet, aux abonnements aux logiciels de travail, aux salaires, aux impôts et taxes, aux intérêts de prêts bancaires, aux assurances. J’ai vu une équipe qui avait négligé ces postes lors d’un prévisionnel, résultat, trésorerie tendue au printemps. Conseil pratique, lister ces charges, automatiser certains paiements, négocier les abonnements, prévoir une réserve pour les impôts. Ce n’est pas sexy, mais gérer ces bases, c’est assurer la stabilité de la boîte. Et partager le plan.

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Quels sont les 3 types de charges ?

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Trois types, trois façons de regarder les dépenses, les charges d’exploitation, celles du quotidien pour produire et vendre ; les charges financières, liées aux emprunts et aux intérêts ; et les charges exceptionnelles, les aléas, sinistres ou opérations ponctuelles. Dans une réunion budgétaire j’ai souvent expliqué ce découpage comme un trio de musiciens, chacun a son rôle. Le bon réflexe, attribuer chaque charge à sa catégorie dans la comptabilité, pour analyser la performance, calculer la marge, et prendre des décisions éclairées. Sans cette clarté, on navigue à vue, et on rate des signaux importants. Et ajuster la stratégie ensemble.

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Comment calculer le montant des charges fixes et variables ?

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Calculer ces montants commence par rassembler les données, généralement à partir d’une balance comptable ou d’un compte de résultat, pour distinguer postes fixes et variables. Ensuite, on calcule le total des charges variables par unité ou par chiffre d’affaires, et on agrège les charges fixes sur la période. Pour aller plus loin, on peut utiliser le seuil de rentabilité multiplié par la marge sur coût variable, c’est une méthode pratique pour estimer le point mort. Souvenez-vous, la précision vient des bons libellés comptables, et d’une revue régulière, idéalement en équipe, pour ajuster les hypothèses et tester différents scénarios de sensibilité.

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